|
|
Les anti-inflammatoires naturels
Classification générale des anti-arthrosiques d’action lente
En 1996, l’Osteoarthritis Research Society a instauré pour l’homme une nouvelle nomenclature des agents thérapeutiques utilisés dans le cadre de l’ostéoarthrose basée sur les effets des molécules, distinguant ainsi d’une part les thérapeutiques symptomatiques et d’autre part les thérapeutiques structuromodulatrices.
Les thérapeutiques symptomatiques agissent sur l’antalgie et la fonction articulaire. On y retrouve notamment tous les anti-arthrosiques à effet principalement anti-inflammatoire.
Les thérapeutiques structuromodulatrices agissent directement sur la structure du cartilage arthrosique. C’est sur cette classe thérapeutique que se fondent tous les espoirs actuels concernant les nouveaux moyens thérapeutiques de l’arthrose.
Classification des compléments alimentaires anti-arthrosiques
On peut classer les compléments alimentaires entrant en jeu dans le traitement de l’arthrose en fonction du mode d’action de ces produits. On distingue alors trois principales catégories:
Les compléments alimentaires anti-arthrosiques symptomatiques Oméga 3
Les compléments alimentaires anti-oxydants
Les compléments alimentaires chondroprotecteurs ou structuromodulateurs
Les compléments alimentaires anti-arthrosiques symptomatiques d’origine végétale
Cependant, l’analyse détaillée de ces substances montre que leur mécanisme d’action est rarement élucidé et que le doute subsiste presque toujours quant à leur réelle efficacité. D’autre part, les nouvelles découvertes scientifiques réalisées sur le sujet montrent que l’on retrouve chez la plupart de ces composés des propriétés mixtes avec simultanément un effet anti-inflammatoire, anti-oxydant voire chondroprotecteur. Cette classification sera donc très certainement amenée à être modifiée au cours des prochaines années.
1) Les compléments alimentaires anti-arthrosiques Oméga 3
On regroupe dans cette classe tous les compléments alimentaires d’origine marine à action principalement anti-inflammatoire. Ce sont des substances naturelles qui rééquilibrent la cascade métabolique des acides gras dont sont issus la plupart des médiateurs inflammatoires (acide arachidonique).
Leur intérêt par rapport aux anti-inflammatoires médicamenteux classiques (AINS et corticostéroïdes) est une absence d’effets secondaires et une meilleure tolérance du traitement à long terme. Plusieurs études ont montré qu’ils possèdent un effet plus tardif mais plus prolongé que les anti-inflammatoires classiques. Ces propriétés leurs donnent un intérêt particulier pour la gestion de l’arthrose qui est une arthropathie inflammatoire chronique qui nécessite de longs traitements.
Par sa composition particulière, le Lyprinol a démontré sa capacité à réguler de manière efficace la production de médiateurs inflammatoires.
2) Les compléments alimentaires anti-oxydants
L’oxydation est une réaction chimique produite par action de l’oxygène sur diverses molécules. Bien qu’indispensable à la vie, cette réaction peut également avoir des conséquences très néfastes pour le corps et notamment pour le cartilage articulaire.
L’oxydation intervient en modifiant la structure de certaines molécules, en particulier les lipides, qui se chargent en énergie et deviennent des radicaux libres instables. Elle se traduit par une réaction en chaîne qui peut endommager toutes les cellules de l’organisme, dont les membranes particulièrement riches en lipides.
Un anti-oxydant peut être défini comme toute substance qui, en présence d’un substrat oxydable et à des concentrations bien inférieures à celles de ce dernier, va retarder de façon significative l’oxydation de ce substrat ou le réduire. On retrouve dans cette classe des molécules qui agissent sur la libération de radicaux libres et d’autres molécules oxydantes comme le monoxyde d’azote ou le peroxyde d’hydrogène dont les découvertes récentes concernant la pathogénie de l’arthrose ont montré qu’ils jouaient un rôle prépondérant dans l’installation des lésions articulaires.
Les principaux éléments anti-oxydants utilisés dans les préparations compléments alimentaires sont des vitamines (Vitamines E et C, béta-carotène), certains oligo-éléments comme le sélénium, et des systèmes enzymatiques comme la superoxyde dismutase.
3) Les compléments alimentaires structuromodulateurs
La recherche de substances actives sur le déroulement de la maladie et le développement de médicaments dits chondroprotecteurs suscitent de plus en plus d’intérêt au près des spécialistes de l’arthrose que ce soit en médecine humaine ou vétérinaire. Ces agents thérapeutiques allieraient un intérêt préventif en ralentissant voire en arrêtant la dégradation du cartilage, à un effet curatif anti-inflammatoire, diminuant ainsi l’inconfort du patient. Le terme de « chondroprotection » est aujourd’hui contesté, on lui préfère celui de « structuromodulation » qui désigne la capacité à prévenir, stabiliser et réparer les lésions arthrosiques.
L’efficacité de ces composés est fonction de leur aptitude à :
_ promouvoir la synthèse de la matrice par les chondrocytes,
_ retarder ou inhiber la destruction de la matrice cartilagineuse,
_ diminuer l’inflammation de la membrane synoviale et redonner au liquide synovial ses caractéristiques initiales.
Parmi ces agents chondroprotecteurs, les plus utilisés et les plus étudiés sont les glycosaminoglycanes : la glucosamine et la chondroïtine sulfate. On retrouve également dans cette classe thérapeutique tous les composés donneurs de soufre comme le méthylsulfonylméthane ainsi que certains extraits végétaux (prêle, fucus, cassis, insaponifiables d’avocat et de soja).
4) Les compléments alimentaires anti-inflammatoires d’origine végétale
Parmi ces anti-inflammatoires, on trouve essentiellement des extraits de plantes comme l’Harpagophytum, le Boswellia, l’ortie, le saule, le Yucca qui sont très utilisés en médecine humaine.
Les compléments alimentaires anti-arthrosiques sont des substances non médicamenteuses. Leur commercialisation n’est donc pas soumise à la réglementation sur les médicaments. Ils se situent à la limite entre les médicaments et les produits diététiques. Ainsi, on peut retrouver sur le marché des produits de qualité très variable et on ne peut pas nécessairement leur attribuer le même niveau d’efficacité qu’aux produits soumis à autorisation de mise sur le marché. Beaucoup de composés anti-arthrosiques naturels sont utilisés sans que l’on connaisse encore totalement la nature du ou des principes actifs qu’ils contiennent. Ce problème est en particulier rencontré avec les préparations élaborées à partir d’extraits végétaux comme l’Harpagophytum. L’effet inhibiteur des extraits d’Harpagophytum sur la synthèse des eicosanoïdes peuvent être très différents en fonction de la fraction de l’extrait utilisé. Ces observations indiquent que l’Harpagophytum contient plusieurs autres substances actives qui demeurent inconnues et qui nécessitent d’être identifiées.
Ces résultats soulèvent la question de la qualité des produits phytothérapiques. Les productions de composés végétaux médicinaux sont en général standardisées en fonction de la quantité de principe actif lorsque les constituants ayant un effet pharmacologique sont connus.
Ces investigations montrent que l’extrait total d’Harpagophytum peut contenir plusieurs fractions actives, avec des effets pharmacologiques différents. Ces fractions peuvent interagir de façon synergique, complémentaire ou antagoniste.
Le yucca est classiquement utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires. Les propriétés anti-inflammatoires et anti-arthritiques de yucca sont dues à son taux important de saponines qui sont des précurseurs naturels des corticostéroïdes. Aucune étude n’a cependant permis de prouver son efficacité dans des modèles d’inflammation in vivo. Des études pharmacocinétiques, pharmacologiques et cliniques sont nécessaires pour pouvoir conclure à une éventuelle efficacité de l’administration orale de yucca dans le traitement de l’ostéoarthrose.
|